Amor Fati

Textes

Où il est question d’expansion et de condensation d’amour.

 

Extraits

D’un regard on roulait en Bugatti C’était New York rien qu’en se tenant la main  Puis les oiseaux ont lancé leurs rires Il pleuvait mais nous étions heureux On se serrait juste davantage La Rolls de vos soupirs empruntait la nuit le viaduc de mon cou Quelques astres filants passaient au ciel pour nous  guider vers des gestes d’éden Petit garçon je pliais mon kimono et le glissais dans un sac de sport la veille des entrainements au dojo J’aimais ce rituel J’y mettais beaucoup d’application Autant qu’à vous mordre les fesses chaque matin en guise de bonne journée

Tes mains sont musiciennes du silence Elles sculptent des allégories dans l’argile des mots se font caresses de nuages pour apaiser les tensions du jour tissent des paysages au verso de la nuit Tes mains exhalent un parfum de psyché Elles sont fées qui procurent des orgasmes A plat sur la joue elles claquent leurs vérités au coin du mensonge Tes mains sont signes qu’il reste un chemin à parcourir Ce sont elles qui en écartent les branches Tant qu’elles dansent autour d’un verre d’une plume ou d’une cigarette elles sont une promesse d’union à venir une sorte d’espoir épidermique

Ce serait l’heure indienne Un cavalier léger en sari rythmerait notre nuit à travers la forêve D’une main médiévale j’esquisserais le val de tes reins Des mots au parfum de gardénia flotteraient entre nous J’oserais une biche voguant dans une larme de lune Tu rirais disant que tu ne comprends rien Je relirais plus lentement Alors tu sourirais disant que c’est beau Le chat sur ton épaule acquiescerait Je ne vous croirais pas Balivernes falbalas ! Je ferais de ce poème un avion de papier voilà

Toute la lumière d’aout ne suffirait pas à révéler le mandala caché dans un regard d’ombre Mon ange je t’ai cherché à travers le labyrinthe de la folie et je t’ai trouvé là où le démon de la jeunesse t’a quitté Seule dans la paume d’un hiver bas Ta silhouette découpant d’un fil l’horizon au bout de la jetée Perdue entre un ciel de verre et un torrent d’asphalte charriant sa moisson de poissons carrossés Tu semblais attendre sans vouloir servir de repère Contemplant dans ton dos le flot de bolides luminescents j’ai refermé le paysage de mes bras sur le totem de ta vie Je t’ai demandé de fermer les yeux Tu as dis j’ai confiance Nous avons sauté

Amour est un fleuve pris par les glaces en hiver une malédiction prononcée d’une voix d’ange Amour est un flacon de poison aux senteurs printanières une plaie purulentes sous des lèvres mielleuses Amour est un vieillard travestie en donzelle Sous les coutures craquées de sa robe en mousseline on devine un tas d’os putrescents Amour est une fable racontée aux enfants pour leur faire avaler le cadavre de la haine Amour est une chaîne aux reflets mordorés une hyène déguisée en licorne Amour est un miroir plus vrai que nature sur lequel tous nos élans se brisent Amour est une balle d’argent qui vous transperce l’âme en sifflant son doux chant de sirène

Regarde ! Des murs ont poussé entre nos mains On voudrait se rejoindre on ne le pourrait pas A quoi peuvent bien servir les barbelés sur nos lèvres ? A nous empêcher de nous embrasser ? Nous voilà condamnés aux murmures aux caresses rugueuses aux yeux qui ne disent rien Quelqu’un a retourné le sablier par maladresse ou inadvertance Maintenant une neige tombe mollement sous nos crânes et ensevelit peu à peu nos souvenirs Tu disais que tu n’avais jamais vu autant de blanc avant que notre histoire entre dans sa période Malévitch Je ne disais rien J’avais mal aux barbelés

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